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Festival Ramdam à Blois 1993

Alan, Patrick, Bernard: du blues, du blues, du blues!
La frime ne passera pas. Avec le blues, c'est la pulsation et la feeling sans paillettes.

Consensus absolu entre les trois glorieux du samedi soir. Chacun sur scène salue chaleureusement les autres qui attendent ou qui ont retrouvé les coulisses.

Alan Jack est le premier à ouvrir le bal, en même temps que s'ouvrent les premiers parapluies. Mais il en a vu d'autres. Henri Leproux, le fondateur du Golf Drouot, toujours passionné, se souvient du gamin de 15 ans, portant encore une minerve après un accident d'auto, qui voulait tout de même participer au fameux Tramplin!

Derrière ses claviers, le père Jack renverse tout sur son passage de sa voix fantastique: "I believe to my soul" de Ray Charles ou "Hallelujah, I love her so" restent des moments d'une émotion extrême. Mis Pierô prend de larges parties vocales, avec le charme en plus.

Alan Jack "Post Civilization" a formidablement chauffé la place pour Patrick Verbeke, qui démarre tout seul à la guitare sur le vieux standard "Louise, sweetest girl I know". Là encore, grande voix, grand feeling, grosse présence. Cela s'affirme encore quand les accompagnateurs montent sur scène. Pascal Mikaelian (harmonica) et Claude Langlois (pedal steel guitar) se font particulièrement apprécier et poussent le maître dans ses derniers retranchements. Un grand hommage rendu au passage aux bluesmen du Mississipi: "Il y a encore à chanter pour que disparaissent racismes, inégalités et intolérancces", conclue Patrick en arrachant de fiers solos et en attendant de retourner à Memphis où il est là-bas "le Français qui chante le blues en français"!

Enfin, Bernard Allison, que j'avais vu en 90, vient incarner avec fulgurance le rôle du guitar hero. Quel foin mes amis! Un vrai feu de dieu, surtout lorsqu'il reprend en medley pas moins de cinq morceaux de Jimi Hendrix, à qui il voue une admiration sans faille. Ala fin du show, il escalade, grattant ses cordes en "bottle neck", les barrières et va jouer comme un fou à cent mètres au moins dans la foule. Délire garanti. Mais quand il revient, il demeure le plus simple et le plus charmant garçon du monde!

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