Partie 5: La Zig-Zag communauté

Thierry 'Titi' Robert, Juin 2008.

Le Vimanas avec tous ces musiciens ; orgues, piano, guitare, basse, saxo, batteur, perçu, chanteur et 2 choriste sonne vraiment. Ce ne sont que des compositions de Jack que nous jouons, Sylvain et Eric avec Bobby en font de magnifiques aussi. Mais surtout nous pouvons improviser sans se lasser. Quel dommage que nous n’ayons pas enregistré tout ça.

Valérie Lagrange, de retour d’un tournage en Nouvelle Guinée, débarque un jour avec Tim Blake. Tim joue du synthétiseur, instrument électronique tout récent. Il a joué avec Gong et c’est un des tout premier à introduire ce nouvel instrument en France. Il installe son synthé dans le studio, le connecte à la sono. Valérie en a marre de Paris, du star système dont elle fait encore partie. Elle est comme nous tous en pleine remise en question. Elle joue de la guitare acoustique et chante, des reprises mais aussi des compositions. Benoit Blue Boy, le pote à Patrick Verbeke qui continue à nous rendre visite, est de plus en plus présent et finalement il s’aménage un coin dans une grange. Il faut dire qu’il s’est mis en couple avec Popie, une des occupantes du Magic Bus de la Hog Farm. Toutes ces sortes de musique sont alors en pleine cohabitation. Jack propose de réunir tout ça dans un même spectacle. C’est en roulant un joint avec du papier à rouler Zig-Zag que nous décidons que désormais nous sommes la Zig-Zag Communauté. Vidal se met à dessiner et peindre sur la façade latérale de la ferme, celle que l’on voie en arrivant, le fameux zouave qui est le logo de cette marque de papier à rouler.

Il fallait un bassiste et un batteur pour Benoit. Roger Secco vient parfois avec lui mais il est engagé avec d’autres musiciens ou chanteurs. Loul, toujours prêt à jouer prendra la basse et à la batterie il y a Mitch, de Tours qui passe souvent nous rendre visite avec d’autres musiciens Tourangeaux. Un groupe de Blues est né avec Patrick à la guitare et aussi Eddy Effira avec sa Pédale Steel Guitare qui vient de Bretagne quant il peut. Sylvain, lui, accompagne Valérie. Tim Blake décide de s’appeler Christal Machine.

Il y a aussi Alain, dit Loy, qui atterrit à cette époque à la ferme. Pianiste talentueux et voyageur il revient du Maroc. Il me fait penser à un lutin, toujours prêt à s’amuser avec la musique et aussi à tirer sur le joint. Philippe Briche le déstabilise parfois, tout comme nous tous d’ailleurs mais en particulier les clavistes. Mais ce sera Alain et sa bonne humeur notre claviste.

Nos rares concerts sont vraiment des évènements. Rien que le déplacement c’est toute une histoire parce que l’on emmène aussi les filles de la Hog-Farm qui sur scène avec nous dansent. Avec elles il y a Suzanne et sa petite fille. Elle est venue pour se remettre d’une aventure avec Léonard Cohen , Suzanne…On s’entasse donc dans le Magic Bus, le Saviem, le Ford Transit et 2 ou 3 voitures. C’est vrai que le pétrole est beaucoup moins cher que maintenant. Le spectacle commence par Valérie, puis c’est le blues avec Benoit et ses potes et puis Tim et son Christal Machine qui prépare les oreilles des spectateurs à la venue du Vimanas. Certains producteurs de l’époque essaient de persuader Jack de monter à Paris pour enregistrer mais jamais il n’acceptera de que l’on aille à la capitale. A vrai dire il n’a pas tord. Notre cohésion venait de cette vie en communauté qu’il aurait été impossible de conserver à Paris. Par contre il essaie de les persuader de faire descendre un studio mobile, mais la France de cette période ce n’est pas les States. Là bas ils ont vite compris l’intérêt d’aller vers les communautés de musicos.

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